22.11.2007

Le code du travail c'est pas fait pour les chiens

Parce que ces jours-ci je sens le droit des travailleurs en danger pour plusieurs raisons, je vous fait part de quelques histoires qui vous rappellerons à quel point ces acquis sociaux sont fragiles et fondamentaux :

 

Le MEDEF et le droit du travail

 

Laurence Parisot, la présidente du MEDEF (Mouvement des Entreprises DE France, syndicat des patrons) a déclaré devant l'AJEF (Association des Journalistes Économiques et Financiers) :

"Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail".

 

Je voudrais signaler à Madame Parisot que pendant qu'elle philosophe sur comment escroquer au mieux les gens dont elle exploite la force de travail, ces mêmes gens eux mènent une vie en dehors de l'entreprise, ils n'ont pas le coeur à se sacrifier pour un patron qui, la plupart du temps, se fout de leur gueule. Ils ne sont pas heureux de travailler et ne s'épanouissent même pas dans ce qu'ils font, ils le font pour se nourrir et se loger, pour offrir à leurs enfants un futur à peu près potable. La réduction du temps de travail constitue pour eux, pour nous, la possibilité de faire autre chose que de travailler pour engraisser un patron, une chance de profiter un peu de leur vie, de leur famille, une fenêtre d'accès au bonheur tout simplement, et tant pis si on est pas les plus productifs, comme dis l'autre : "Nos vies valent plus que vos profits".

 

Le modèle social américain

 

A New York, un restaurateur employait des livreurs chinois sans les déclarer, ceux-ci étaient payés 1,60 $ de l'heure (1,07€) alors que le salaire minimal dans cet état est de 4,65 $ (3,10 €). Pour chaque client qui se plaint d'un retard de livraison, 200 $ d'amendes étaient retirés du salaire et pour chaque jour d'absence, quelle que soit la raison, l'amende s'élevait à 300 $. En plus de cela ces esclaves du 3ème millénaire n'avait aucune assurance maladie ou quoi que ce soit, n'avaient pas de repas offerts par la société et devaient livrer les plats avec leurs propres vélos. Puis un beau jour leur patron, un ancien immigré d'origine cambodgienne propose (pour se protéger aux yeux de la loi) à ses livreurs de signer un contrat stipulant qu'ils étaient payés au tarif légal mais leur précise bien qu'en réalité ils continueront à recevoir le même traitement, l'un des employés refuse de signer ce contrat et se fait donc licencier, ses collègues se mettent en grève par solidarité et se font tous renvoyer. Aujourd'hui ces travailleurs, certains occupant ces postes depuis près d'une décennie, décident de dénoncer leur patron, Simon Nget, mais au pays de l'oncle Sam tout le monde s'en fout apparemment.

 

Pour équilibrer la chose je vais vous faire part de deux histoires plus positives histoire de garder espoir :

 

L'immersion dans la VRAIE vie

 

Cette histoire là s'est passée cet été en Italie, Enzo Rossi, un fabricant de pâtes, a essayé de rémunérer sa femme et lui même au SMIC, comme ses ouvriers, après avoir constaté à quel point les mois sont longs quand on a un salaire aussi bas, il a décidé d'augmenter tout le monde de 200 €. Selon lui cela augmentera la productivité car ses salariés seront rassurés. Un exemple à méditer pour le MEDEF ! Plusieurs patrons l'ont d'ailleurs contacté pour se renseigner sur les conséquences économiques de son geste pour sa société.

 

Le conflit social à l'Islandaise

 

Ceci est une histoire personnelle, la société dans laquelle je travaille ici en Islande est plutôt généreuse, le salaire est d'environ 2 000 € par mois pour les moins bien lotis et les heures supplémentaires sont majorées de 100 % (soit un salaire de 20 € par heure supplémentaire dans mon cas). Seulement ce mois ci mon chef de service décide de ne pas payer nos heures supplémentaires, et il nous l'annonce évidemment le jour ou il les recompte une fois qu'on les a effectuées, j'explique donc à mes deux collègues philippins excédés le principe de la grève, seulement personne n'a rien compris, eux sont rentrés chez eux et on commencer à travailler pour un concurrent dès le lendemain, tandis que mon chef attendait simplement le retour à la normale sans trop comprendre ce qui se passe, après une discussion le conflit a été résolu et tout le monde a appris quelque chose dans cette histoire. Je démissionne dans une semaine pour rentrer en France mais malgré cet incident le chef d'atelier m'a proposé de me redonner un emploi si je reviens en Islande un de ces jours.

Commentaires

"Faut qu'les parents bossent, 'faut qu'les parents bossent, pendant qu'la police, s'occuppe de leurs gosses,
Allez, fusillons notre jeunesse, finis les feignants remplis d'allégresse..."
TRYO

Il faut bien comprendre un truc... Le travail c'est cool si on a un boulot cool. On n'a pas toujours un boulot qui nous plaît pour diverses raisons, dont le fait que le taux de chômage est très élevé en france. Donc revaloriser le travail, mes fesses. Et même si on a un boulot cool, rien de pire pour un enfant de ne jamais voir ses parents, d'être toujours à l'école puis avec la nounou... Nos vies valent plus que leurs profits !!!

Ecrit par : Poulpe | 22.11.2007

Aha... Retour au bercail, alors?
Le problème avec Parisot, un peu comme Marine Le Pen, c'est qu'elle a l'air sympa comme ça, posée et pleine de bon sens, à l'écoute... Avec ce con de baron au moins, c'était plus comme De Villiers, avant même qu'il ouvre la bouche, rien qu'en entendant son nom, on savait que ça allait être minable.
Bon sinon ton patron il aurait pas un cousin au Pays de Galles?

Ecrit par : Ivi Kromm | 23.11.2007

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